Localisation et taille des scieries

 
 

Si l’on exclut les produits destinés au bois énergie (15 385 m3 récoltés en 2009, soit 3,1% de l’ensemble de la récolte départementale) ou au bois d’industrie (10 374 m3, 3%), l’essentiel de la production forestière de Haute-Savoie (93,9%) consiste en bois d’œuvre.

A leur arrivée en scierie, les grumes de bois d’œuvre sont transformées en différents produits. C’est le maillon de la première transformation. En Haute-Savoie, et compte tenu de la nature des bois, ces produits sont destinés d’abord à la charpente, un peu à l'emballage, très peu à la menuiserie.

Stagnation de la production et concentration

Le département compte aujourd’hui 43 scieries, qui achètent annuellement entre 280 000 et 310 000 m3 de grumes (dont 86% proviennent de Haute-Savoie) et produisent, à partir de cette matière première, entre 150 000 et 160 000 m3 de sciages.

Cette production n’augmente pas dans la durée ; elle peut connaître des hausses conjoncturelles, liées aux incidences des aléas climatiques ou sanitaires dont est victime la forêt, comme entre 2005 et 2007 ; mais le secteur de la scierie n’enregistre pas de croissance structurelle, pour des raisons qui tiennent au marché (pression forte de la concurrence étrangère) et, de plus en plus, au volume de ressource forestière mobilisable, non indéfiniment extensible, à des coûts d’exploitation acceptables.

En revanche, le secteur d’activité connaît depuis de nombreuses années, et comme dans toutes les régions de montagne, un phénomène de concentration marquée, à savoir disparition de scieries de taille petite à moyenne (effets de la crise, difficultés structurelles, carence de succession…) et accroissement corrélatif de la production des scieries importantes, qui "récupèrent" les marchés des premières. Sur les cinq dernières années, le nombre d’entreprises d’exploitation forestière - scierie a diminué de 44% (mais - 57% en Rhône-Alpes). Et les indicateurs montrent que l’évolution actuelle est peu favorable.

3 profils de scieries

Cela étant, le paysage de l’activité combine, en Haute-Savoie, des entreprises de taille et de profil très divers. Comme au niveau régional, on est amené à distinguer 3 échelles :

  • les très petites entreprises, produisant moins de 4 000 m3 de sciages par an et placées sur des créneaux de niche (marché de débits sur listes et prestations spécifiques pour une clientèle de proximité). A titre d’information, et en l’absence de données départementales, ces très petites scieries constituent 78% du tissu en Rhône-Alpes et réalisent 19% de la production.
  • les entreprises dites artisanales, de 4 000 à 20 000 m3 de sciages, dont les observateurs considèrent qu’elles constituent le maillon le plus fragile. Ces entreprises représentent 19% des scieries rhônalpines et 43% de la production.
  • les entreprises semi-industrielles à industrielles, au-delà de 20 000 m3 de sciages (3% des scieries de Rhône-Alpes, 38% de la production de sciages). La surface économique sinon financière de ces gros opérateurs favorise leur dynamique de diversification, de qualification et d’industrialisation des produits.

Sources : DRAAFdirection régionale de l'alimentation de l'agriculture et de la forêt Rhône-Alpes - RGD© - IGN-BD Carto® (protocole MEEDDAT-MAP-IGN 24-07-2007)