Le 8 juin, journée nationale d'hommage aux morts pour la France

 
 
Monument en hommage aux morts apour la France en Indochine à Annecy

La journée nationale d’hommage aux morts pour la France en Indochine a été instituée par décret du 26 mai 2005. Elle correspond au jour de l’inhumation du soldat inconnu d’Indochine à la nécropole nationale de Notre-Dame de Lorette (Pas-de-Calais), le 8 juin 1980.

La guerre d’Indochine

La domination française en Indochine s’affirme à la fin du XIXème siècle. Les protectorats du Cambodge, du Tonkin, de l’Annam et du Laos, réunis à la colonie de Cochinchine, forment l’Indochine française. Aux confins de la Chine et de l’Inde, la péninsule offre des perspectives commerciales nouvelles à la France qui lance son développement économique en même temps qu’une politique sanitaire et culturelle. Mais la « conquête des cœurs et des esprits » s’avère difficile à réaliser ; une large partie de la population ne bénéficie pas de cet essor et les élites locales restent exclues de l’administration de l’Union indochinoise.

Après la défaite de 1940, l’autorité de la France en Indochine est contestée de toutes parts. La situation bascule le 9 mars 1945 avec le coup de force japonais et sa domination sur la péninsule. Profondément affaiblie par la guerre, la France perd le « mandat céleste » sur sa colonie. La confusion politique extrême qui règne en Indochine permet l’avènement du Vietminh et l’affirmation par son chef, Hô Chi Minh, de l’indépendance de la République démocratique du Vietnam le 2 septembre 1945. Dès lors, la France va tenter de rétablir sa souveraineté en Indochine. Elle s’engage alors dans sa première guerre coloniale.

 L’effort militaire se porte sur le Tonkin, où se concentre l’appareil vietminh. Les hésitations de la classe politique française ne permettent pas de trouver une issue politique au conflit.

A compter de 1950, le conflit s’internationalise et la guerre d’Indochine devient un avant-poste de la guerre froide. Hô Chi Minh bénéficie désormais de l’aide déterminante de la Chine populaire qui équipe et instruit les troupes. Les États-Unis, déjà impliqués dans la lutte contre le communisme en Corée, apporte leur soutien à la France.

En 1951, le général de Lattre de Tassigny arrive en Indochine alors que la situation est gravement compromise. Les victoires militaires qu’il remporte créent un regain de confiance. Il s’attache à convaincre les Vietnamiens que la destinée de leur pays leur appartient et développe les armées nationales. Par son action diplomatique auprès des Etats-Unis et de la Grande Bretagne, il obtient une aide matérielle et financière indispensable à la poursuite de la guerre. Après son départ d’Indochine, les combats s’enlisent. La pression vietminh s’intensifie au Tonkin.

L’état-major français décide alors de construire un verrou défensif à Dien Bien Phu afin de protéger le Laos. Après 56 jours de siège, le piège de Dien Bien Phu se referme sur les troupes françaises, malgré le courage incroyable de ses combattants. La conférence de paix réunie à Genève met un terme aux hostilités dès juillet 1954. Elle consacre l’indépendance des trois états indochinois et la partition provisoire du Vietnam de part et d’autre du 17ème parallèle.

Le Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient quitte définitivement la péninsule, certains soldats après des mois de captivité terribles dans les camps vietminh. De cette guerre, ils garderont en mémoire l’enfer des combats dans la jungle et les rizières. Ils conserveront aussi toujours dans le cœur cette terre envoûtante et la rencontre avec des peuples, qu’ils sont obligés de quitter en laissant derrière eux leurs frères d’armes.

Les « Morts pour la France » d’Indochine.

 Le Corps Expéditionnaire Français en Extrême Orient comptera 260 000 hommes. Le nombre de morts pour la France s’élève à 83 300 répartis ainsi :

  •  29 000 soldats métropolitains
  •  11 600 légionnaires
  •  15 200 Africains et Nord-Africains
  •  27 500 Indochinois (plus 17 500 servant sous le drapeau national)

En Haute Savoie, un mémorial a été inauguré sur la commune de Publier le 21 juillet 2012. Il comporte 148 noms de soldats Morts pour la France entre le 15 septembre 1945 et le 11 août 1954.